Lead Platform Engineering
2026, 3 mois d'écart. Même besoin : masquer les données personnelles dans les logs avant l'audit RGPD.
Chacune a demandé à son assistant IA de l'écrire.
Résultat : deux bibliothèques, deux listes de champs sensibles, zéro ligne partagée.
Ça vous rappelle quelque chose ?!
01
Appliquer, à l'intérieur de l'entreprise, les grands principes de l'open source.
Le but n'est pas la générosité.
C'est l'efficacité collective.
02
Ce n'est plus un gadget d'autocomplétion.
C'est un « collègue » qui code, qui lit, qui écrit.
Reprenons nos 4 piliers, et comparons à ce que sait faire l'IA.
D'où la question :
Alliance naturelle ou Menace silencieuse ?
03
Avant de contribuer, encore faut-il savoir que le projet existe.
Avec un assistant IA alimenté par le catalogue interne, on peut :
On n'a jamais manqué de composants réutilisables.
On a manqué de moyens de les trouver.
Souvent, la principale dette d'un projet InnerSource : la documentation.
Avec l'IA, on peut :
Une doc générée reste à relire.
Mais une doc à relire vaudra toujours mieux qu'une doc qui n'existe pas.
Le mentorat est prioritaire en InnerSource… mais le temps des Trusted Committers ne l'est jamais.
Avec l'IA, un nouveau contributeur peut :
L'IA absorbe les questions répétitives.
Le Trusted Committer garde son temps pour transmettre ce qui compte et valider les contributions.
Sans IA - « je ne connais pas ce code, je n'ose pas y toucher. »
Avec l'IA - un premier patch aux normes du projet, avec ses tests, prêt à être proposé.
Sans IA - la revue, le vrai goulot d'étranglement de l'InnerSource : les mainteneurs doivent trouver le temps et la disponibilité mentale pour faire le travail correctement.
Avec l'IA - une première passe de relecture automatique qui renvoie un premier lot de retours au contributeur, et un résumé de merge request qui explique enfin le « pourquoi » et les points d'attention.
Contribuer redevient un choix, pas un acte de courage.
Et le mainteneur a enfin le temps de dire oui… ou non.
Un futur possible : 6 mois plus tard, une 3e équipe doit passer le même audit RGPD.
Entre les deux colonnes, ce n'est pas l'IA qui change. C'est la qualité du contexte qu'on lui donne.
Sur les 4 piliers, l'IA peut être l'accélérateur de la boucle InnerSource :
Mais tout ce qu'on vient de voir suppose une chose :
que l'humain et l'IA sachent ce qui existe déjà.
Et c'est là que ça se complique… 😈
04
Un assistant IA générique ne connaît pas votre catalogue interne. Par défaut, il obéit aux ordres et invente.
Donc, naturellement :
L'IA ne réduit pas la duplication. Elle l'industrialise.
Hier, on débattait dans l'issue.
Aujourd'hui, on débat avec son assistant - et personne ne voit la discussion.
L'IA nous rend plus autonomes…
et collectivement plus fragiles.
L'IA démocratise la contribution et concentre encore plus la responsabilité sur les épaules des mainteneurs.
La valeur d'un mainteneur ne se mesure plus au nombre de contributions acceptées, mais à celles qu'il a su refuser.
L'autre futur : revenons à nos deux équipes, et à leur masquage des données personnelles.
Chacune, avec son assistant et son propre prompt, a vibecodé sa propre librairie interne - et même sa propre suite de tests.
… quelques heures de développement, deux fois, à 3 mois d'écart…
… puis vient l'audit : la même fuite des deux côtés, les IBAN saisis avec des espaces passent à travers les deux masques. Même modèle, prompts similaires : même bug. Et c'est l'auditeur qui apprend à chaque équipe que l'autre existe.
Deux bibliothèques : une fuite, deux correctifs.
Un composant partagé : une fuite, un correctif.
05
L'IA peut « optimiser » chaque équipe, chaque dev, localement, à la vitesse de l'éclair - tout en fragmentant silencieusement l'ensemble.
Le vrai risque : qu'elle soit très efficace aux mauvais endroits.
AGENTS.md versionné, un README structuré, CODEOWNERS comme source de vérité du propriétaireOuvert ne veut pas dire ouvert à tous : l'agent doit hériter des droits de celui qui l'interroge, sinon le catalogue devient un canal d'exfiltration.
Le code dit ce qui a été fait.
Le prompt et le contexte versionnés disent pourquoi et comment.
Une MR que son auteur ne sait pas expliquer n'est pas une contribution.
C'est un jet de code.
CONTRIBUTING.md qui exige le contexte (besoin, issue liée, tests)L'IA peut écrire la contribution. Elle ne peut pas la signer.
Signer, c'est s'engager.
Un AGENTS.md, lu par les humains et par les agents :
🔓 Avant de générer
- Cherche d'abord dans le catalogue interne (serveur MCP « catalogue »)
- Un composant existe ? Propose une contribution, pas un nouveau projet
🪟 Décisions
- Les choix de conception vont dans l'issue, pas dans la conversation
- Versionne le prompt et le contexte dans prompts/, à côté du code
🤝 Accompagnement
- Trusted Committers : @equipe-data-privacy, permanence le mardi
- Tu ne sais pas ? Dis-le, et renvoie vers eux plutôt que d'inventer
🎁 Contribution
- Pas de merge request sans issue discutée au préalable
- Étiquette la MR « assistée par IA » : son auteur doit pouvoir l'expliquer
Un garde-fou écrit dans le repo, chaque assistant le lit.
06
L'IA n'est ni alliée ni menace de l'InnerSource. C'est un amplificateur, qui peut donc basculer dans un sens comme dans l'autre selon l'usage qu'on en fait.
Nos deux scénarios, ce sont les deux trajectoires possibles :
La question n'a jamais été « Alliance ou Menace ? ».
Mais « qu'est-ce qu'on lui donne à amplifier ? »
CODEOWNERS et agentsAGENTS.md du pilote : les 4 garde-fous, noir sur blancTant qu'on mesurera ce qu'on produit, l'IA produira.
Mesurons ce qu'on réutilise, et elle cherchera d'abord.
Matthieu VINCENT - Lead Platform Engineering, Sopra Steria